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Danshinsa
Écrit par Jean-François Donfut   

Quelle aventure, mes enfants, quelle aventure ! Amandine et moi sommes arrivés ce 19 juin dernier au dojo de Herstal avec un peu d’avance (trente minutes quoi…). L’ambiance se voulait décontractée mais… Très vite, je comprends qu’il se trame quelque chose bien que je ne sache pas encore quoi… mais pas de panique, inspecteur Gadjeff mène l’enquête !


En effet, pour ceux qui ne le savaient pas encore, il était prévu que deux de nos camarades du Takeda Ryu Nakamura Ha Sobukan Herstal, Morgane & Xavier, passeraient, ce soir-là, leur examen shodan. Nous étions conviés à y assister, Amandine et moi, en vue de notre propre passage shodan, probablement le suivant sur la liste… Nous ignorions, alors, à quel point cet examen était proche…

 

Tous les participants et les senseïs arrivés, et les tatamis installés, nous passons au vestiaire… Premier changement par rapport à l’accoutumée, les senseïs restent avec leurs vêtements civils, à la demande de Nyborg Senseï. Bon, soit ! L’info nous parvient par la suite : les senseïs ont décidé que les examens shodan… pardon… les danshinsa se dérouleront comme au Japon, sous le regard expert et avisé de notre directeur technique.


Le premier « stress » de la soirée survient quand Olivier Senseï vient nous trouver, Amandine et moi, et nous dit : « Alors, vous êtes prêts ? »… un ange passe… un regard s’échange entre les deux intéressés… une sueur froide coule le long de notre échine… « Mais Oli, on ne connait pas les noms ! », et Olivier Senseï de répondre : « Vous n’en aurez pas besoin ! »… Nous voilà donc avec un sentiment bizarre, comme le sentiment d’avoir été piégé… Mais qu’à cela ne tienne, avançons…
Première étape de ce Danshinsa, le Shiai. En effet, chaque protagoniste de cet examen (Morgane, mais également Amandine, Xavier et moi-même) ont dû mener un tori-waza-randori contre chacun des autres. Le principe est connu : uke ne porte que les coups de base durant 45 secondes, et tori réplique soit par du kihon-waza, soit par du henka-waza, et termine, au signal du shushin (arbitre principal), par un osae-jime-waza. Les shimpan jugent sur l'aspect technique, stabilité, qualité de la chute, engagement corporel, kiai ... et retirent des points en fonction des erreurs.


Seconde étape de la soirée (et second stress…), l’épreuve technique. Dans la préparation du danshinsa, il est prévu que les candidats « étudient » un kata composé de trois séries de techniques issues des programmes « kihon » antérieurs. Le sempaï (en l’occurrence, Morgane) tire au sort une des séries, celle que tous devront présenter. On forme les couples (Morgane et Amandine d’une part, Xavier et moi-même d’autre part) et nous commençons la préparation de cette partie… Ouf ! Nous avons trente minutes pour préparer notre série, avec les conseils des senseïs. Chacun présente la série : moshi-mawashi-kaeshi sur hidari-men-uchi, tate-kote-ori sur mune-dori, koshi-guruma sur hidari-do-ushi, uchi-kote-shibori sur shomen-ushi et, enfin, gyaku-kote-gaeshi-osae sur ryote-dori. Partant de cent, les senseïs retirent des points en fonctions des erreurs commisent, tant par tori que par uke (et oui, les ukemi de uke sont aussi cotées). Il faudra obtenir une cote de septante points minimum pour devenir aikido shodan Takeda Ryu Nakamura Ha, moyenne largement dépassée par chacun des examinés.


Parallèlement à l’examen en aïkido se déroulait un danshinsa en iaido, pour Gilles et Michaël. De la même manière que pour l’aïkido, cet examen se déroule en deux parties : un shiai et une épreuve technique.


Les examens se terminent, nous rangeons les tatamis pendant que nos senseïs délibèrent… L’ambiance est tendue car chacun repense à ses propres performances, fiers de certaines et déçu par d’autres, et je me disais en moi-même : « Si ce n’est pas pour cette fois-ci, c’était une bonne répétition ! »… Les senseïs nous rassemblent pour la proclamation, le visage impassible. Olivier Senseï nous dit alors : « Que celui ou celle qui n’a pas été repris ne nous en veuille pas… ». Mon sang se glace, est-ce à moi que cela est adressé ? Mais, heureusement, que ce soit en aïkido ou en iaido, tous nous sommes devenus, ce soir-là, Aikido Shodan Takeda Ryu Nakamura Ha ou Iaido Shodan Takeda Ryu Nakamura Ha.


Je terminerai donc, tout d’abord, en félicitant mes camarades pour leurs performances mais également pour l’esprit de convivialité et d’entraide qui a prévalu tout au long de la soirée, aussi en félicitant nos senseïs (Olivier, Paolo et Bruno) qui ont dû apprendre, sur le tas, comment faire passer ce type d’examen, mais aussi, et surtout, en les remerciant car cette expérience fut riche, unique, et qu’elle restera gravée dans ma mémoire. Domo-arigato !

Dernière mise à jour : ( 04-09-2009 )
 
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